Les parcelles du projet se situent en Dordogne, dans le Parc Naturel Régional du Périgord-Limousin.
La forêt y subissait un dépérissement intense lié au déréglement climatique.
Ce projet experimental, mené avec le Parc Naturel Régional, allie recherche scientifique, biodiversité et résilience des ecosystèmes forestiers à travers différentes méthodes de reboisement.
Grâce aux fortes pluies de l’année 2024, les jeunes plants ont connu une croissance importante.
Sur les parcelles situées en pente, environ 10 % des plants n’ont pas survécu, principalement à cause de la pression plus importante du gibier dans ces zones.
Dans l’ensemble, la plantation évolue très bien et les plants sont vigoureux : le projet est donc un succès !
Un premier entretien, à la fois mécanique et manuel, est prévu cette année pour accompagner la croissance des jeunes arbres.
Dans une jeune plantation, le gibier (comme les chevreuils, les cervidés ou les lapins) peut causer de nombreux dégâts en broutant les jeunes pousses ou en se frottant aux troncs.
Pour que les arbres puissent bien pousser, il est donc important de les protéger.
Dans cette région, où le chevreuil est très présent, plusieurs types de protections individuelles ont été testés sur les jeunes plants :
gaines en fibre de coco,
gaines classiques,
gaines biodégradables.
Ces protections permettent de limiter les dégâts et d’assurer le bon développement des jeunes arbres.
La plantation s’est terminée au printemps 2024.
Les implantations varient selon les six méthodes expérimentées, qui distinguent plantation en plein (c'est-à-dire sur toute la surface du projet) et enrichissement (plantation à faible densité qui vient compléter une surface en régénération naturelle) :
Sur les parcelles de la méthode 1 : plantation en plein en lignes de 1 200 chênes pédonculés et 1 200 chênes sessiles.
Sur les parcelles de la méthode 2 : plantation en plein et en mélange de 800 chênes pédonculés, 800 chênes sessiles, 400 châtaigniers, 100 alisiers, 200 charmes et 100 sorbiers.
Sur les parcelles de la méthode 3 : plantation en plein de 200 chênes pédonculés, 200 chênes sessiles, 200 châtaigniers et 600 cèdres.
Sur les parcelles de la méthode 4 : plantation par enrichissement de deux lignes de plantation par bande comprenant 165 chênes pédonculés, 330 chênes sessiles et 165 châtaigniers.
Sur les parcelles de la méthode 5 : plantation par enrichissement de 9 plants par placeau, avec 110 chênes pédonculés, 110 chênes sessiles, 110 chênes pubescents, 110 châtaigniers, 55 sorbiers, 110 pins sylvestres et 55 charmes.
Un placeau est une petite zone de plantation à forte densité.
Sur les parcelles de la méthode 6 : plantation par enrichissement en potets travaillés de 110 chênes pédonculés, 220 chênes sessiles, 110 chênes pubescents, 110 châtaigniers et 110 pins maritimes.
Ce projet expérimente plusieurs méthodes de reboisement et de préparation du sol :
Préparation de feuillus en ligne (méthode 1) et en mélange (méthode 2) :
Le sol est d’abord nettoyé avec une pelle mécanique.
La végétation est broyée pour défricher la parcelle, puis le sol est travaillé en bandes étroites, uniquement là où seront plantés les arbres.
Cette technique protège la vie du sol et conserve les matières organiques en surface.
Plantation de feuillus/résineux (méthode 3) :
La parcelle est nettoyée avec un broyeur lourd, puis le sol est préparé en potets travaillés.
Cette méthode manuelle peu intrusive ameublit la terre uniquement à l’endroit où seront plantés les arbres, créant des conditions favorables à leur croissance.
Enrichissement de taillis en lignes (méthode 4) :
Des bandes de 10 m de large sont ouvertes tous les 20 m avec une pelle mécanique.
Le sol est ensuite labouré et travaillé avec un disquage en bandes : un outil composé de lames rotatives qui décompacte le sol et élimine les herbes et débris végétaux.
Enrichissement de taillis en points d’appui (méthode 5) :
Après un broyage, le sol est préparé en potets travaillés sur environ 55 points par hectare.
Cette technique concentre les travaux sur des zones plus restreintes.
Enrichissement de taillis par placeaux (méthode 6) :
Contrairement aux points d’appui, les placeaux sont disposés de manière aléatoire dans la zone à enrichir.
Après le passage d’un croc-souche, le sol est préparé en potets travaillés, comme pour les autres méthodes peu intrusives.
Seule la partie dégradée du peuplement a été récoltée.
Les arbres d’intérêt écologique ont été conservés et regroupés en petits bouquets afin d’assurer leur survie.
Des arbres morts sur pied ou au sol ont également été préservés, ainsi que les lisières.
Ces lisières ont un grand intérêt écologique :
Ce sont des zones de transition qui accueillent de nombreux animaux : insectes, oiseaux, mammifères, amphibiens et reptiles y trouvent refuge, nourriture et lieux pour se reproduire ou nicher.
Elles protègent le massif forestier contre les vents violents, réduisant le risque de chute d’arbres.
En jouant le rôle de brise-vent, elles aident aussi à préserver les jeunes plants.
Elles participent à la régulation naturelle des ravageurs en offrant un habitat à des oiseaux et à d’autres prédateurs d’insectes nuisibles.