Les parcelles du projet se situent en Dordogne, dans le Parc naturel régional Périgord-Limousin.
La forêt y subissait un dépérissement intense lié au dérèglement climatique.
Ce projet expérimental, mené en partenariat avec le Parc naturel régional, compare six méthodes de reboisement différentes.
Le suivi de ces méthodes permettra d’identifier les plus adaptées pour reconstituer des forêts résilientes, tout en préservant la biodiversité.
Ce projet n’est pas labellisé bas-carbone.
La plantation présente une bonne évolution générale, malgré la sécheresse intense de l’été 2026.
Quelques jeunes chênes ont toutefois souffert du manque d’eau et ont séché.
L’entretien prévu n’a finalement pas été réalisé, afin de préserver au maximum le couvert végétal, c’est-à-dire la végétation qui recouvre le sol.
Elle protège la terre des fortes chaleurs, limite son exposition directe au soleil et permet ainsi de conserver un maximum d’humidité en profondeur.
Les pertes restant limitées, aucun regarni n’est prévu à ce stade.
Grâce aux fortes pluies de 2024, les jeunes plants ont connu une croissance importante et sont dans l’ensemble vigoureux.
Sur les parcelles en pente, environ 10 % des plants n’ont toutefois pas survécu, principalement à cause d’une pression du gibier plus forte dans ces zones.
Ce premier bilan est encourageant, mais il faudra plusieurs années de suivi pour évaluer la réussite du projet et comparer les méthodes entre elles.
Un premier entretien, à la fois mécanique et manuel, est prévu cette année pour accompagner la croissance des jeunes arbres.
Dans une jeune plantation, le gibier (chevreuils, cerfs, lapins) peut causer de nombreux dégâts.
Les animaux mangent les jeunes pousses : c’est l’abroutissement. Les chevreuils frottent aussi leurs bois contre les tiges, ce qui arrache l’écorce : c’est le frottis.
Dans cette région où le chevreuil est très présent, chaque jeune plant a été équipé d’une protection individuelle.
Dans le cadre de l’expérimentation, trois types de gaines sont testés :
La plantation s’est terminée au printemps 2024 : 7 980 arbres ont été plantés, répartis selon les six méthodes expérimentées.
Plantation en plein
Enrichissement de taillis
Ce projet expérimente plusieurs méthodes de reboisement, et donc plusieurs façons de préparer le sol.
Elles se répartissent en deux familles :
Méthodes 1 et 2 – Feuillus en lignes et en mélange
La parcelle est d’abord nettoyée à la pelle mécanique, et la végétation est broyée.
Le sol est ensuite travaillé en bandes étroites, uniquement là où seront plantés les arbres. Cette technique protège la vie du sol et conserve la matière organique en surface.
Méthode 3 – Feuillus et résineux
La parcelle est nettoyée avec un broyeur lourd, un engin puissant capable de broyer arbustes et petits arbres.
Le sol est ensuite préparé en potets travaillés : la terre est ameublie uniquement à l’emplacement de chaque futur arbre.
Méthode 4 – Enrichissement en bandes
Des bandes de 10 m de large sont ouvertes tous les 20 m dans le taillis, à la pelle mécanique.
Le sol y est ensuite travaillé par disquage : un outil équipé de disques décompacte la surface et élimine herbes et débris végétaux.
Méthode 5 – Enrichissement par placeaux
Les placeaux, de petites zones de plantation à forte densité, sont disposés de manière aléatoire dans le taillis.
Après le passage d’un croc-souche, un outil monté sur une pelle mécanique qui arrache les souches gênantes, le sol est préparé en potets travaillés.
Méthode 6 – Enrichissement par points d’appui
Après un broyage, le sol est préparé en potets travaillés sur environ 55 points par hectare, répartis régulièrement.
Les travaux sont ainsi concentrés sur de petites surfaces.
Seule la partie dégradée du peuplement a été récoltée.
Les arbres d’intérêt écologique, c’est-à-dire ceux qui abritent des cavités, du bois mort ou d’autres habitats pour la faune, ont été conservés par petits bouquets, ce qui les rend plus résistants au vent.
Des arbres morts, sur pied ou au sol, ont également été préservés, de même que les lisières.
Un îlot est par ailleurs laissé en libre évolution : aucune intervention n’y est réalisée, et la nature y évolue spontanément.
Les lisières ont un grand intérêt écologique :